Notre avis sur l’éducation dite positive et réflexions sur l’éducation en général


23 Jun
23Jun

Depuis quelques années apparaissent des dizaines de jeunes éducateurs nouvelle-vague, prônant ce qu’ils appellent « l’éducation positive ».

Forts de leurs théories toutes neuves, ils abreuvent les groupes Facebook et les forums de leur savoir, tout en rejetant plus ou moins violemment toutes les autres méthodes d’éducation, le plus souvent sous prétexte de maltraitance.

Le principe est le suivant : récompenser les bonnes attitudes et juste ignorer les mauvaises. Ainsi on voit nombre de personnes bien intentionnées se transformer en distributeurs de friandises.

Vivant depuis de nombreuses années en compagnie de meutes de chiens de toute race, nous sommes affligés par cette nouvelle tendance du tout positif.

Nous pensons que nombre de ces soi-disant experts canins seraient bien démunis face à une meute de chiens, trop embourbés dans un anthropomorphisme malsain.

Éviter toute coercition avec un chien est un non-sens dangereux. Les chiens eux-mêmes utilisent entre eux de nombreux moyens d’intimidation, de correction et de coercition, dans leur langage quotidien. Il suffit de les observer pour s’en rendre compte. La chienne discipline son chiot d’un coup de patte, elle ne lui offre pas une friandise ! Comment donc peut-on envisager d’éduquer, de guider, de faire comprendre, sans un minimum d’intervention ? Vouloir supprimer toute coercition dénote d’un manque flagrant dans la compréhension de la psychologie canine. Un chien devrait pouvoir être guidé par un leader bienveillant tout au long de sa vie, bénéficier d’un encadrement cohérent, apprendre à respecter les règles. Ceci entraîne forcément une certaine discipline et des contraintes pour le chien. Oui, des contraintes.

À partir du moment où un animal est domestiqué, il est forcément contraint à notre volonté, arrêtons de nous mentir. Il est contraint à ne pas faire ses besoins dans la maison, à marcher en laisse, à manger des croquettes, à demeurer dans le périmètre de la maison, à servir de bouée affective à son propriétaire le cas échéant, etc., et n’en est pas malheureux ni traumatisé pour autant.

Sans limites, sans discipline, sans interdits, le chien devient rapidement un dictateur qui mène sa famille par le bout du nez, un chien roi, au même titre que l’enfant roi, avec toutes les déviances et les problèmes que cela peut entraîner.

Un chien reste un chien. Il serait salutaire pour beaucoup d’entre eux que la société cesse de penser que le chien est un mini humain, et se concentre sur les véritables besoins d’un chien. Autrement dit, il serait grand temps de cesser cet anthropomorphisme dégoulinant pour enfin se poser les bonnes questions sur la nature profonde d’un canidé.

Car non, un chien n’est pas « jaloux » d’un nouveau conjoint ou enfant. Non, il n’a pas besoin de tout un coffre à jouets pour se distraire, ni d’un joli manteau pour la pluie, ni d’un harnais à la mode. Non, il n’apprécie pas plus que ça d’être materné comme un bébé, de dormir dans votre lit ou de prendre toute la place dans votre canapé. Il n’est pas plus heureux parce que vous le laissez vous prendre pour un jouet en vous sautant dessus ou mordillant. Il n’est pas plus épanoui parce que vous lui servez de distributeur de caresses ou friandises dès qu’il en fait la demande. Non, un chien qui vous défend n’est pas forcément bien dans ses pattes, au contraire. S’il vous percevait tel le leader bienveillant que vous devriez être, il ne devrait pas ressentir le besoin de vous défendre, et serait par la même occasion plus à l’aise avec les intrusions extérieures (humaines, canines ou autre).

À ce sujet d’ailleurs, et concernant l’akita, une thèse de doctorat a été publiée en 2008 (école nationale vétérinaire d’Alfort) concernant le comportement des chiens de type primitifs. Certaines phrases dans la conclusion concernant l’akita laissent songeur : « Ainsi, certaines semblent se détacher par leur tendance à l’agressivité plus ou moins marquée : le Husky Sibérien, le Malamute d’Alaska, les Spitz Allemands de petite taille, l’Akita Inu et le Chow-Chow. Cependant, on peut se demander dans quelles mesures un environnement souvent non adapté à leurs besoins ne pourrait pas être le responsable de ces comportements agressifs. »

Voici le lien du PDF complet, pour ceux qui seraient intéressés :http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=967